|
Par la suite, les lieux se sahélisent avec une gestion
vraiment atypique en comparaison de tous les prédécesseurs:
celle de Diop, un sénégalais doté
d’un peu de monnaie.
Il a négocié le départ de «La
Mama», très endettée avec les Nyamadi.
Et à sa manière, a tôt fait de transformer
les locaux en une sorte de «Cour des miracles»
où les frères préparent le thé
dans un coin de la cour, les autres dépècent
un mouton de l’autre côté, où il
devient malaisé de trouver calme ou sérénité,
l’important pour le voyageur ici hébergé
étant de bien surveiller ses bagages et son porte-monnaie!
La
situation économique n’étant pas brillante,
Diop fait appel à Michel, un helvète
de passage, pour assurer la gestion du rez-de-chaussée.
Michel
change le nom de la maison. C’est désormais Le
Bon Coin. Un peu de «futu» et de la viande
en sauce, du riz au gras et le dimanche: poulet bicyclette.
Michel dispose de peu de moyen pour faire bouillir la marmite.
|
Il
décide de faire un saut vers le lac Léman pour
se refaire une trésorerie.
Emile est coopté pour suivre les affaires courantes
de la maison. A cette époque, Emile a bien d’autres
soucis en ayant à s’occuper de la Maquina
Loca, une vieille dame des nuits folles de Lomé.
Michel
n’ira pas à Genève, en tous cas pas de
suite: en 1985-86, la police de l’aéroport est
équipée de «poêles à frire»
pour détecter les métaux... et Michel tentait
de s’envoler l’abdomen bardé de résine
de cannabis enroulé de papier alu! Michel finira son
voyage bien à l’ombre de la «Colo»
de Lomé.
Et
Diop, locataire endetté avec un sous-locataire encore
moins bien loti augmente son passif avec le propriétaire,
la régie d’électricité et d’autres
charges. Le Bon Coin bat de l’aile.
Emile
prend en charge l’ensemble des arrièrés
et, en accord avec Michel, rachète le commerce à
Diop. |